Aujourd’hui plus que jamais, le monde nous parait sous tension et l’avenir incertain. Dans un contexte de guerre, de difficultés économiques, chacun cherche des solutions individuelles pour pallier les difficultés rencontrées et les premières personnes vers qui on pense pouvoir se tourner sont celles de notre « communauté ». Je ne parle pas ici de communautés d’instagrameurs ou virtuelles mais bien de communautés sociales physiques, qu’il s’agisse d’un communautarisme religieux renforcé, d’entraide d’une certaine catégorie sociale de population ou même de la famille. On espère trouver un soutien moral ou matériel auprès des personnes qui font parties de notre cercle social proche, sans contrepartie apparente.

Mais le communautarisme est un mécanisme qui broie les gens depuis des générations sans que l’on s’en rende compte car bien souvent derrière la façade altruiste se cache l’individualisme et une division des hommes entre eux. C’est un piège qui conduit au développement des préjugés et mène à l’isolement et au repli sur soi.

Le communautarisme social, religieux ou culturel.

On observe depuis plusieurs années dans les grandes villes une forme de ghettoïsation des quartiers et l’affirmation ouverte de revendications personnelles, culturelles ou religieuses dans des communautés. Le fait de se regrouper autour des personnes qui partagent la même langue, les mêmes expériences de vie, les mêmes croyances peut paraître une bonne idée pour trouver du réconfort, se sentir soutenu et pouvoir discuter avec un point de vue commun d’une situation donnée. Plus nous subissons d’épreuves qui nous semblent insurmontables seul, plus nous cherchons à trouver des personnes qui sont passées par là et pourront nous apporter leur façon de résoudre le problème. Mais attention ! Car derrière un problème qui semble de prime abord similaire se cache des réalités sociales différentes et la réponse apportée par la communauté qui nous semble « compétente » est une réponse justement qui va dans le sens de cette communauté et peut donc être biaisée.

Si une personne est en souffrance suite à un deuil et qu’elle se tourne vers une communauté religieuse pour trouver le soutien nécessaire, les personnes vers qui elle se tourne vont évidemment donner un point de vue qui transcrira la foi religieuse de la communauté et qui cherchera donc à faire passer un message intéressé derrière le soutien en apparence gratuit (jugement de valeurs, formatage, radicalisation dans certains cas…). De même dans d’autres types de communautés ethniques ou encore sociales. Il faut donc se méfier du revers de la médaille car en suivant ce qui nous semble être un choix, il peut arriver que notre détresse nous conduise sur la pente glissante d’un repli autour d’un groupe qui en apparence ne veut que notre bien mais poursuit de façon masquée d’autres buts parfois moins louables (racisme, abus de faiblesse, repli sur soi, sectarisme etc).

Le communautarisme familial.

Il en est de même dans des cercles plus restreints et qui nous ont façonnés depuis l’enfance comme c’est le cas de la famille. Qui n’a jamais entendu dire « entre frères ont doit se serrer les coudes » ou encore « tu peux tout dire à ta famille » ? Alors que quand on y regarde de plus près, c’est dans le cercle familial durant l’enfance ou dans celui que l’on a construit autour de nous à l’âge adulte que s’est le plus souvent développé les traumatismes qui nous suivent toute notre vie, et des fois même sur les générations suivantes.

Dans une situation financière délicate, le premier cercle pointé par la banque pour nous aider sera le cercle familial car il sera considéré par cette institution comme étant bien plus fiable que de se faire prêter de l’argent par des amis ou collègues. Les dettes s’accumulent et peuvent conduire à des divorces, des drames au moment de l’héritage etc.

C’est pourquoi il est important aujourd’hui d’appréhender avec plus de recul les cercles communautaires dans lesquels nous pourrions être amené à évoluer et surtout à donner notre confiance. Il est difficile de pouvoir les nommer tous parce que le communautarisme peut naître de facteurs tellement diversifiés et spécifiques à chaque contexte que cela dépend de chaque cas. Ces cercles peuvent nous apporter une aide bienvenue dans un premier temps mais également une certaine illusion de sécurité : en étant uniquement avec des personnes qui nous ressemblent, on peut penser que rien ne peut nous arriver ou qu’on n’a pas besoin d’aller chercher ailleurs ce dont on a besoin. Petit à petit le cercle se réduit, le piège de la communauté se referme et on devient dépendant de cette communauté voire dans les cas extrêmes, enfermé dans un sectarisme de moins en moins bienveillant. On ne peut en réalité plus compter que sur soi-même car on n’a pas développé d’autres réseaux sociaux susceptibles de nous enrichir culturellement et humainement. Ce repli sur soi est d’autant plus visible que la crise s’aggrave et pousse beaucoup de gens dans la précarité. Posez-vous des questions, analysez votre entourage et votre environnement. Soyez honnête avec vous même sur vos faiblesses, vos lacunes, qui sont les potentielles brèches pouvant vous plonger dans ce confort illusoire de faire partie d’un groupe social qui sert vos réels intérêts et fait forcément « le bien autour de vous ». Tous n’est pas toujours parfait et la remise en question doit toujours être votre leitmotiv, ne laissez aucune communauté ou personne vous l’enlever car si c’est le cas alors cela devient une raison encore plus évidente de vous en méfier. Il est parfois nécessaire d’aller chercher un avis extérieur pour analyser son milieu objectivement et pouvoir ainsi redéfinir ses priorités. C’est ce que je propose au travers d’un suivi personnalisé.

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